Exercices de philosophie pour tous et pour personne

A propos de L’allégorie de la caverne de Platon ou de l’éthique de la démonstration par Jean-Marie FREY

Instructions : I. Prenez connaissance de L’allégorie de la caverne, II. Prenez note de l’explication qu’en propose Jean-Marie Frey, III. Résumez cette explication et répondez à la question posée.

Recommandations : Vous pouvez vous exercer seul. Vous pouvez aussi réfléchir, en ligne, avec vos ami(e)s en répondant ensemble  à ces questions. Il vous suffit de créer une page d’écriture collaborative avec https://framapad.org. Vous créez un compte, une page. Vous collez les questions, ci-dessous, sur votre page. Vous invitez vos ami(e)s et hop ! c’est parti.

K E N S T O U T, Plato’s Cave, 2007, oil on panel, 12″ x 16″

Présentation :

L’inquiétante allégorie de Platon mérite qu’on lui consacre un travail patient et rigoureux. Les images qui lui servent de support offrent l’occasion d’une méditation profonde sur l’âme humaine et sa relation au réel. Au fond, ce texte met au jour l’intention de philosopher, et il éclaire pourquoi, selon les termes de Rousseau, Platon est bien celui qui a « épuré le cœur de l’homme ».

I. Prendre connaissance de L’allégorie de la caverne (Platon, République, Livre VII)

A. Lire cet extrait choisi de l’allégorie de la caverne

« – Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
– Je vois cela, dit-il.
– Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière ; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.
– Voilà, s’écria-t-il, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.
– Ils nous ressemblent, répondis-je ; et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?
– Et comment ? observa-t-il, s’ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?
– Et pour les objets qui défilent, n’en est-il pas de même ?
– Sans contredit.
– Si donc ils pouvaient s’entretenir ensemble ne penses-tu pas qu’ils prendraient pour des objets réels les ombres qu’ils verraient ?
– Il y a nécessité.
– Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l’un des porteurs parlerait, croiraient-il entendre autre chose que l’ombre qui passerait devant eux ?
– Non, par Zeus, dit-il.
– Assurément, repris-je, de tels hommes n’attribueront de réalité qu’aux ombres des objets fabriqués.
– C’est de toute nécessité. « 

Platon, La république, VII, trad. R. Baccou.

B. L’intégralité de l’allégorie

The Cave [videorecording] : a parable / told by Orson Welles ; produced by Nick Bosustow, C.B. Wismar ; directed by Sam Weiss. Chicago, Ill. : SVE & Churchill Media, c1974.Subjects Plato. Republic.

Accéder à l’ntégralité du Livre VII, trad. Philippe Remacle, 2004

II. Prenez note de l’explication que propose Jean-Marie Frey de ce texte

III. Résumez le propos de l’auteur et

répondez à la question posée

Jean-Marie FREY montre comment les symboles proposés par Platon ne conduisent pas seulement à distinguer le réel et l’apparence. Ces images invitent également à se représenter la morale que recèle l’art de démontrer.

L’auditeur sera attentif au plan de cette présentation :

1) D’abord, Jean-Marie FREY rappelle quelles sont les principales images servant de support à la célèbre allégorie de Platon.

2) Ensuite, il en déduit l’opposition de l’opinion (croyance non religieuse portant sur le sensible) et de la science (pensée démontrée).

3) Enfin, il s’engage dans la voie d’une réflexion sur la nature éthique de la démonstration.

Question : En quoi consite la nature éthique de la démonstration ?

Biographie, bibiographie, crédits et droits

Biographie : Jean-Marie Frey est professeur de Chaire Supérieure, Jean-Marie Frey (1961) enseigne en classes préparatoires aux Grandes Écoles. Il est titulaire d’une agrégation de philosophie et d’un D.E.A consacré à la pensée du bonheur dans la philosophie de J.-J. Rousseau. Dans ses ouvrages, il mène une réflexion portant sur le corps et sur l’antinomie de la liberté et du bonheur.
Le propos de l’auteur, ici présenté, est extrait du livre La Vérité – L’allégorie de la caverne ou de l’éthique de la démonstration, paru aux Editions M-Editer en 2010

 

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