Un cycle de conférences, ouvert à tous, en préparation aux

Rencontres de Sophie du 23 au 25 mars 2018

Introduction aux Rencontres de Sophie

Vérité ou vérités ?

Les jeudis 11, 18, 25, janvier et

1er, 8 février 2018

18h30 à 20h. Amphi 7, Rez-de-chaussée haut, Faculté de Médecine, 1 rue Gaston Veil à Nantes.

Entrée : 5€

Cours de philosophie en partenariat avec l’Université Permanente

 L’esprit humain a toujours eu tendance à tenir « La Vérité » pour un absolu, qu’elle émane du mythe, de la religion, de la science voire de la philosophie elle-même. Cependant, depuis le scepticisme antique jusqu’au nihilisme contemporain, ce sont la multiplicité, la variabilité et la caducité « des vérités » qui semblent s’être de plus en plus imposées,  comme dans la diversité culturelle des valeurs et la pluralité des paradigmes scientifiques eux-mêmes. Comment vivre alors, penser et agir avec assurance aujourd’hui, pris entre l’inconfort de « vérités » plurielles et la nostalgie d’une « Vérité » unique ?

Ce thème des Rencontres de Sophie sera préparé par cinq séances successives.

jeudi 11 janvier 2018 ⏐ 18.30 – 20.00

Olivier DEKENS, professeur de philosophie en lettres supérieures, Lycée Guist’hau 

 À quoi bon la vérité ?

On pense très généralement que la philosophie française contemporaine a, notamment avec Foucault ou Derrida, une attitude distante, voire sceptique, à l’égard de la vérité. Sans nier la volonté explicite de bien des penseurs français de déconstruire les figures les plus traditionnelles de la vérité, il s’agira de comprendre tout d’abord les sens qu’il faut donner à ce terme : vérité-adéquation, vérité-expression, vérité-cohérence, vérité-révélation ? Cette conférence proposera avant tout une clarification terminologique, préalable indispensable à toute discussion sérieuse sur ce concept, au-delà des oppositions un peu stériles qui organisent encore le champ philosophique.

 

 

 

Jeudi 18 janvier 2018 ⏐18.30 – 20.00

Michel MALHERBE, professeur émérite de philosophie à l’Université

La vérité rend-elle heureux?

Penser, c’est être soi en se sachant soi-même. Se savoir soi-même peut exiger une ascèse et l’ascèse est une souffrance. Mais la fin poursuivie est l’adéquation à soi-même, ce qu’on prend volontiers pour une définition du bonheur. Toutefois, nul ne peut se savoir lui-même sans être reconnu par autrui: la vérité vient de l’autre et elle est malheur, puisqu’elle dépossède le Soi de lui-même. Les sceptiques vont plus loin: il n’y a pas de vérité de soi. Abandonnons le “connais-toi toi-même”, Le bonheur n’a rien à voir avec la vérité, il réside dans la pratique de la vie. Ayons le bonheur modeste. Fort juste, dit le métaphysicien, mais il faut savoir où l’on est dans le monde, dans l’ordre des choses. Il faut donc chercher la vérité de l’ Être, le bonheur est à ce prix. Question : faut-il être modeste ou immodeste dans la recherche de la vérité ?

Jeudi 25 janvier 2018 ⏐ 18.30 – 20.00

 

Thierry GUIDET, journaliste, fondateur de la revue Place Publique

La vérité du journaliste

On attend du journaliste qu’il informe, qu’il rapporte les faits avec exactitude. Pourtant le travail des médias fait l’objet d’un soupçon généralisé. Est-ce la faute des journalistes, coupables de mélanger les faits et les commentaires, incapables d’objectivité ou même d’honnêteté ? Peut-être. Mais les faits sont-ils en eux-mêmes une évidence ? Comment les sélectionne-t-on ? Comment les raconte-t-on ? Bref, à quel type de vérité le journalisme peut-il prétendre ?

 

Jeudi 1er Février 2018 ⏐ 18.30 – 20.00

Jean-Noël HALLETprofesseur émérite de biologie à l’université de Nantes

Science et vérité

La recherche scientifique apporte chaque jour son lot de découvertes sur la nature de l’univers et sur les mécanismes de la vie. Elle ne prétend pas à l’établissement d’une vérité définitive mais le fait scientifique est digne de confiance. Parce qu’il a été démontré par une méthode rigoureuse d’exploration du monde physique basée sur la preuve expérimentale et la réfutabilité il se distingue des opinions et des croyances qui ne lui sont pas opposables. Il convient de le réaffirmer à l’ère de la post-vérité et des fake news. Mais il convient aussi de garantir que l’expertise scientifique, qui est aujourd’hui souvent appelée à s’exprimer sur d’importants enjeux de société, soit indépendante et à l’abri des conflits d’intérêt.

Jeudi 8 février 2018 ⏐ 18.30 – 20.00

Dr Aurélie LEPEINTRE, professeur de médecine, Responsable de l’unité mobile de soins de support et de soins palliatifs

La vérité du médecin

La médecine n’est pas une science exacte ; elle s’appuie sur des sciences multiples et une législation précise mais elle est également pratique, exercée au lit du malade, devant prendre en compte le cas singulier de la personne malade avec toutes ses particularités. Sa vérité est plus statistique qu’individuelle. Et pourtant, il faut engager un diagnostic, décider d’un traitement et annoncer au malade une perspective d’évolution qui soit fiable et qui puisse l’aider. Ces difficultés qui sont le lot de tout médecin sont rendues plus aigües encore quand on a pour métier de s’occuper de personnes atteintes de maladies graves évolutives ou en fin de vie.